Annulation d’un mariage musulman : la polémique

Publié le par Valérie Expert

Depuis ce week-end, la France est secouée par une polémique qui ne laisse personne indifférent. C’est une décision du tribunal de grande instance de Lille, révélée jeudi dans le quotidien Libération, qui provoque ce tollé. En juillet 2006, le soir de ses noces, un jeune homme de confession musulmane se rend compte que son épouse, contrairement à ce qu’elle avait affirmé, n’est pas vierge. Immédiatement, il demande l’annulation du mariage, que le tribunal lui accorde en avril dernier. La décision est, selon la justice, basée sur le « mensonge » de la jeune femme à propos de sa virginité. En effet, l’article 180 du code civil stipule que si l’un des deux époux s’est trompé sur les « qualités essentielles de la personne », alors il peut demander l’annulation du mariage.

 

Clairement, le jeune homme concerné considère que la virginité fait partie des « qualités essentielles » qu’une épouse doit posséder. De surcroît, l’annulation a été faite par consentement mutuel. Rien, au premier abord, qui annonce un scandale. Pourquoi, alors, cette affaire fait-elle autant de bruit ? Parce qu’il s’agit, pour beaucoup, d’une atteinte à la laïcité. La tradition culturelle et religieuse musulmane veut que, si possible, l’épouse d’un homme soit vierge avant le mariage, comme chez les catholiques. Pour une partie de l’opinion, des médias, des politiques, la conclusion qui s’impose est la suivante : le jugement est basé sur les convictions religieuses du plaignant, il n’est donc pas valide.

 

Evidemment, les commentaires fusent de part et d’autre du paysage politique. Au sein de la majorité même, on trouve des avis très différents. Pour Valérie Létard, Secrétaire d’Etat chargée du Droit des femmes, cette décision représente «une véritable régression du statut de la femme». La ministre de la Justice, Rachida Dati, a déclaré que cette décision de justice était « aussi un moyen de protéger la personne ». Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a quand à elle qualifié les paroles de Rachida Dati de « remise en cause de la liberté à disposer de son corps ».
Beaucoup de responsables politiques, comme Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration, estiment que la cour de cassation devrait être saisie. Ce matin, On en Parle évoquait cette affaire. Vous avez été très nombreux, une fois de plus, à nous appeler pour réagir. Mais le débat n’est pas fini. Doit-on réexaminer la laïcité ? Y a-t-il un problème de communautarisme en France ? Le statut de la Femme régresse-t-il ? Venez en parler sur le
forum de l’émission.

Me Emmanuel Pierrat, auteur de "Le sexe et la loi", et Sihem Habchi, présidente de "Ni Putes Ni Soumises" (Crédits photo:Ibo/Sipa presse)

Publié dans blogonenparle

Commenter cet article

rienquepourvousplaire 03/06/2008 23:48

vous mélangez tout chers politiciens!
dès qu'il s'agit d'un élément en relation avec les croyances (non seulement, mais aussi convictions personnelles) vous mélangez fourchettes et assiettes! qui dit laïcité, sous entend le droit de pratiquez sa religion dans un cadre personnel et intime sans propagande ou diffusion publique, donc le mariage et la verginité est un élément intime et strictement commun entre l'homme et la femme en question, et le divorce relève des compétences judiciaires: la raison avancée peut etre autre chose telle que un handicap physique (ça existe: un mari qui ne s'approche pas de sa femme pour incapacité...) et puis ... c'est une question de liberté, on peut épouser qui on veut et divorcer quand on veux!
sinon ou est le lien entre laicité et verginité?
le combat de la femme ne doit pas être aussi réduit à ce débat qui ne mérite pas autant d'intérêt, ces histoires sont moyennageuses et les charieurs savent ce qu'ils veulent à travers cette éteincelle!?
que cet homme dévorce pour telle cause, ça le regarde que lui même! je préfère que ce soit juste après leur mariage qu'après des années de souffrance ou de maltraitance! la justice peut trancher maintenant au lieu de décimer l'affaire sous prétexte d'atteinte à la laicité? vaux mieux éviter un désastre de "mépris" pour la femme et lui redonner sa liberté ou de la comdamner à vivre sous le toit d'un homme qui ne veut pas d'elle?
réflichissez mes poul(es)ticiens et mes amis en robes noires!
sans aucune appartenance religieuse ni politicienne ni fanatique , je vous écris!
à vous dictionnaires mes amis pour mieux réviser le mot laïcité!!!

guy germano-ligerien 02/06/2008 15:47

bonjour !
les medias sont-elles envahies d'imbeciles, de malhonnêtes...???? je suis atterré d'observer les nombreux commentateurs qui s'indignent hysteriquement (de façon un chouia malhonnête -ou stupide?) contre le jugement civil annulant le mariage "chez les ch'tis".
ils sont tous focalisés sur le problème de la "virginité" (appelons le docteur Freud alors!) alors que le ..."noeud" est ailleurs! il s'agit de "mensonge" et "dissimulation" , arguments imparables bien souvent pour faire annuler un mariage... un exemple recent : à Nantes, l'on vient d'annuler un mariage à la demande du monsieur aux motifs que la damoiselle lui avait caché son passé d'escroc incorrigible et notamment qu'elle venait d'être (lourdement) condamnée en correctionnelle. en quelque sorte, le futur-ex-marié était contrarié en apprenant soudain que sa promise n'avait pas en réalité le "casier judiciaire...vierge" souhaité.. le mariage a été annulé et que je sache, les médias ne se sont pas déchaînées et n'ont pas surfé sur des vagues d'indignation.
il y a un aspect amusant et cocasse dans cette affaire de "défaut de virginité": les personnes qui se sont élevées et agitées le plus contre ce jugement sont les mêmes (de gauche souvent...) qui prônent pourtant et exaltent la société multiculturelle, vantent les valeurs de l'islam, qui prônent l'ouverture toute grande de nos frontières pour accueillir des populations africaines en souffrance, etc , et qui contribuent ainsi d'ailleurs grandement à l'échec d'intégration, en favorisant des communautarismes.
l'indignation est d'ailleurs très mal placée: en l'occurrence, ce n'est pas la justice (qui a appliqué le droit et les lois.. décidées par les politiques..élus!) qu'il faut blâmer dans ce déchaînement hystérique, c'est bien plutôt les mentalités archaïques, machistes, intolerantes, hélas encore tres présentes, de bon nombre d'hommes musulmans de France, qui préfèrent d'ailleurs "choisir" "au bled" une future épouse bien "conditionnée" et parfaitement soumise à une lecture conservatrice et figée du Coran. mais pour oser déclamer certaines réalités délicates, préoccupantes, mais "politiquement très incorrectes", il faut évidemment du courage, qui semble manquer à beaucoup..., ou méconnaître gravement des réalités actuelles de notre société.
je précise évidemment bien (l'éternel obligation imperieuse de devoir se justifier): je ne suis pas islamophobe, mais simplement lucide, et je sais de quoi je parle, étant moi-même marié à une musulmane d'origine marocaine, et papa d'une Soukaïna et d'une Chadia!! :-))) (ma priorité obsessionnelle n'étant heureusement pas qu'elles arrivent vierges au mariage!)
bonjour chez vous et chez Valérie!
Guy