Discrimination à l’embauche : le « testing » en ligne de mire

Publié le par Valérie Expert

Le « testing » de la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) est-il crédible ? Une enquête de cet organisme met en cause trois entreprises, Accor, le Crédit Agricole et le cabinet de recrutement Mercuri Urval, qui sont accusées de faire de la discrimination raciale à l’embauche. L'opérateur du "testing" pour le compte de la Halde et invité d’On en Parle ce jeudi, Jean-François Amadieu, a pourtant déclaré hier avoir pris beaucoup plus de précautions que lors des enquêtes habituelles.

 

Le problème, c’est que Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme, et inventeur de la procédure de "testing" (d’ailleurs reconnue comme élément de preuve par la Cour de cassation), émet également des critiques sur l'enquête. Interrogé par le site LaTribune.fr, il déclare: "les entreprises ne peuvent être mises en cause par un testing sociologique. Pour prouver qu'il y a bien discrimination, deux CV doivent être adressés à l'entreprise. Ils sont identiques au plan des compétences, mais différents en matière de nom ou de couleur de la peau. »

 

Il ajoute: « il faut bien vérifier qu'un CV est refusé pour cette dernière raison en appelant notamment le responsable du recrutement pour obtenir son avis. Ensuite, le testing doit être suivi d'une enquête de l'inspection du travail ou de la police pour trouver des éléments complémentaires». La méthodologie utilisée dans cette enquête est donc fortement mise en cause.

Selon l'étude de la Halde publiée mardi, il apparaît que sur l'ensemble des entreprises testées, les candidats susceptibles d'être discriminés en raison de leur origine ont 22,77% de chance de moins d'être convoqués à un entretien. La proportion passe à 42,17% pour les candidats âgés de plus de 45 ans.

 

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