Mères porteuses : vers la légalisation ?

Publié le par Valérie Expert

Le débat qui porte sur les mères porteuses est au coeur  de l’actualité en France. Si les lois de Bioéthique de 1994 interdisaient la gestation pour autrui, le sénat semble envisager la situation sous un angle nouveau. Ce qui n’est encore qu’une proposition définit tout de même un cadre légal et des conditions précises pour ce procédé si controversé.

En effet, il est à noter que seuls des couples hétérosexuels pourraient avoir recours à une mère porteuse, et ce sur avis médical, par exemple dans le cas où la femme n’aurait pas d’utérus. D’autre part, la mère porteuse devra impérativement avoir déjà mené une grossesse à terme et ne pourra effectuer une gestation pour autrui que deux fois. La proposition de loi prévoit également pour la mère biologique la possibilité de changer d’avis et de garder l’enfant dans un délai de trois jours après l’accouchement.

Dans un souci d’éthique face à un sujet si sensible, les sénateurs ont estimé qu’une sœur pourrait porter l’enfant de l’autre, mais il est exclu qu’une mère puisse en faire de même pour sa fille. De plus, dans la mesure où les parents s’engagent dans ce processus, il ne leur est pas possible de se rétracter si l’enfant venait à naître handicapé ; autrement dit, la possibilité d’un abandon est à proscrire.

Avec 53% des français qui souhaitent que le recours aux mères porteuses soit légal, d’après  une enquête de 2007 produite par l’Agence de la biomédecine, les avis sont nettement partagés. Les partisans de la gestation pour autrui dénoncent un retard important de la France à ce sujet. Il n’est en effet pas rare de voir des couples aller à l’étranger afin de contourner la rigidité de la loi française. En atteste ces parents français, partis en Californie pour avoir recours à une mère porteuse, et qui se battent aujourd’hui pour que leurs jumelles soient inscrites sur le livret de famille.

A l’inverse, les opposants sont légions, armés d’une pléiade d’arguments, qu’ils soient d’ordre légal, religieux ou éthique. De plus, l’impact psychologique sur l’enfant est une thématique récurrente qui mérite probablement d’être approfondie. Nous vous invitons à continuer le débat sur le forum de l’émission.

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